Le moteur thermique gagne un nouveau sursis en Europe. Mercredi 4 novembre, la commission Environnement du Parlement européen a voté pour assouplir l’objectif de 2035, qui revenait jusqu’ici à interdire la vente de voitures neuves émettant du CO2 à l’échappement. Rien ne change encore dans la loi, mais le cap se précise, et il concerne directement votre prochain achat.
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De 100 % à 87,5 % : ce que dit le vote du 4 novembre #
La règle actuelle, adoptée en 2023, impose aux constructeurs de réduire de 100 % les émissions moyennes de CO2 de leurs voitures neuves en 2035, par rapport aux niveaux de 2021. Concrètement, plus aucune voiture thermique ou hybride ne pourrait être vendue neuve à cette date.
Le texte voté en commission ramène cet objectif à 87,5 %. Selon le Journal du Geek, le compromis a été négocié par la droite du PPE, les socialistes et démocrates et les libéraux de Renew. Il a été adopté par 48 voix pour, 30 contre et 2 abstentions.
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Le texte prévoit aussi que les constructeurs puissent compenser jusqu’à 7,5 points supplémentaires en utilisant de l’acier bas carbone produit dans l’Union européenne. Pour les véhicules utilitaires, l’objectif passerait de 100 % à 80 %.
Un assouplissement en plusieurs étapes
Ce vote s’inscrit dans une série de reculs. Comme le rappelle L’Automobile Magazine, la Commission européenne avait proposé en décembre 2025 de ramener l’objectif à 90 %. Les eurodéputés vont donc un peu plus loin.
Le 22 octobre, deux autres commissions du Parlement avaient déjà voté pour un assouplissement : la commission Industrie par 49 voix contre 27, et la commission Transports par 27 voix contre 18, toujours selon le Journal du Geek. Le média rapporte aussi que la France et l’Allemagne se sont accordées le 16 octobre sur la base de 90 %, en échange d’une préférence européenne pour les composants.
Quelles voitures pourraient encore être vendues après 2035 ? #
Il ne faut pas imaginer un retour au marché d’aujourd’hui. L’objectif reste une moyenne d’émissions très basse sur l’ensemble des ventes de chaque marque. L’électrique devrait donc rester largement majoritaire, souligne L’Automobile Magazine. Mais une part de voitures à moteur pourrait subsister.
Les modèles les mieux placés sont les hybrides rechargeables à grande autonomie électrique et les voitures électriques à prolongateur d’autonomie. « Les véhicules électriques avec prolongateur d’autonomie et les hybrides rechargeables avec une grande autonomie électrique auront aussi un rôle à jouer en 2035 et au-delà », a expliqué l’eurodéputé allemand Peter Liese (PPE), cité par le Journal du Geek.
Pour un automobiliste, cela veut dire qu’une voiture thermique ou hybride achetée neuve dans les années à venir ne deviendrait pas un modèle « interdit à la vente » du jour au lendemain en 2035. Les marques garderaient la possibilité d’en proposer, à condition d’équilibrer avec beaucoup de voitures électriques.
Un coup de pouce aux petites électriques européennes
Les eurodéputés veulent en parallèle favoriser les petites voitures électriques fabriquées en Europe. L’Automobile Magazine détaille un système de « supercrédits » pour les modèles de 4,20 m ou moins produits dans l’Union : chaque exemplaire immatriculé compterait pour 1,4 véhicule dans le calcul des émissions moyennes d’un constructeur.
C’est un avantage comptable. Il ne réduit pas les émissions réelles, mais il pousse les marques à produire et vendre des citadines électriques sur le continent. Le texte propose aussi de réserver, à partir de 2028, les aides publiques destinées aux véhicules d’entreprise à faibles émissions aux modèles fabriqués dans l’Union. Reste à définir ce que « fabriqué en Europe » veut dire : simple assemblage, ou part minimale de composants européens.
Des réactions très partagées #
Le vote ne fait pas l’unanimité. L’eurodéputé allemand Michael Bloss (Verts) y voit un mauvais accord pour l’industrie. « Alors que les ventes de voitures électriques explosent, la majorité du Parlement européen envoie un signal d’incertitude », a-t-il déclaré à Euronews, selon le Journal du Geek.
À l’inverse, les fédérations patronales italienne et allemande, Confindustria et BDI, saluent un pas en avant mais réclament plus de souplesse encore, avec un objectif de 90 % sans conditions.
Le calendrier : rien n’est encore décidé #
Pour l’heure, la règle des 100 % reste en vigueur. Le texte du 4 novembre n’a été approuvé qu’en commission. Il doit encore être voté par l’ensemble des eurodéputés en séance plénière, un vote attendu à la mi-décembre. Ce vote donnera au Parlement son mandat pour négocier avec les États membres au sein du Conseil de l’Union européenne.
Au Conseil, il faudra une majorité qualifiée, soit au moins 15 États représentant 65 % de la population de l’Union. D’après le Journal du Geek, le texte définitif n’est pas attendu avant le début de l’année 2027.
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Faut-il changer ses plans d’achat ?
Pas dans l’immédiat. Les règles qui s’appliquent aux constructeurs jusqu’en 2035 ne bougent pas avec ce vote, et le seuil final peut encore évoluer entre 87,5 % et 90 %. Si vous hésitez entre une électrique et un hybride rechargeable, les critères concrets restent les mêmes : vos trajets du quotidien, la possibilité de recharger chez vous et le coût total sur la durée de détention. Le débat européen, lui, devrait se trancher dans les prochains mois.




